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Classification paléarctique / PHYSIS

Le système de classification des habitats PHYSIS a été développé à l'origine, comme étant un élément du programme CORINE de l'Union européenne, pour choisir et décrire les sites d'importance de conservation de la nature. D'abord conçu en 1985, le catalogue européen a été présenté comme liste d'ébauche par le Conseil de l'Europe en 1986, puis comme une partie du manuel CORINE Biotopes, par la Commission des communautés européennes en 1991. Il a été plus tard étendu à l'Europe centrale et du nord, puis, avec la collaboration du Conseil de l'Europe, à la région paléarctique entière. Cette nouvelle version couvrant un champ beaucoup plus vaste a été publiée par le Conseil de l'Europe en 1996. Ce catalogue de classification des Habitats du Paléarctique est toujours complété et mis à jour.

Etant donné que la liste des Habitats CORINE Biotopes a pris en compte des secteurs géographiques progressivement plus grands, il a semblé utile d'étendre sa méthodologie fondamentale à un système plus global permettant de classer les habitats. Ce système pourrait fournir un outil d'intégration souple pour évaluer si la conservation de la nature est significative dans des habitats homologues situés sur des continents différents et pour aider, la Convention biologique de la Diversité, en particulier, à choisir et évaluer des réseaux d'aires protégées. Le choix des sites à inclure dans les réseaux de conservation et l'évaluation de l'adéquation de tels réseaux reposent naturellement et en majeure partie sur les besoins connus des espèces menacées ou représentatives, en particulier des espèces prioritaires. Cependant, il devrait également reposer sur l'identification et l'inventaire des types d'habitats représentatifs, à la fois pour préserver les intéractions existants entre les réseaux qui, au-delà de la juxtaposition des espèces présentes, caractérisent les communautés, mais également pour prendre en considération un large nombre d'espèces moins évidentes et moins comprises pour lesquels les efforts particuliers à mener sont peu réalistes.

Le système de classification des habitats proposés par PHYSIS est basé sur une matrice employant deux séries de descripteurs de catégorie supérieure, d'une part les domaines biotiques du système biogénétique des réseaux de réserves de l'IUCN et d'autre part, une liste d'unités supérieures d'habitats d'application globale. Les unités supérieures d'habitats quelque soit le domaine biotique, sont identifiées grâce à une combinaison de l'identifiant du domaine. Il s'agit d'un nombre à deux chiffres placés à gauche de la virgule décimale, correspondant à une classe de biotope. La définition globale de ces unités supérieures fournit un mécanisme d'intégration international. Dans chaque domaine biotique, chacune des unités supérieures est divisée en un ensemble hiérarchique d'unités inférieures, caractérisé par des chiffres situés à droite de la virgule décimale. Ces hiérarchies et unités inférieures sont spécifiques à chaque domaine biotique et pas nécessairement homologues entre unités supérieures dont les chiffres de biotopes sont similaires et les identifiants de domaine, différents.

Les unités élémentaires ont été choisies afin d'être le plus proche possible des entités identifiées par les utilisateurs locaux, dans les systèmes de description d'habitats ou de végétation actuellement utilisés dans leurs secteurs. Cette approche constitue un élément clé du système car elle permet la construction d'une typologie de biocénoses (ou d'habitats), sans par ailleurs mettre en place un travail théorique nouveau et sans avoir à résoudre les conflits de perspectives et d'emphases de différentes écoles de recherche. La hiérarchie adoptée dans le domaine fournit un lien et un outil de comparaison entre les unités locales et le procédé de description qui les a générées.

La méthodologie PHYSIS a été testée sur une variété de différentes classes d'habitats sur tous les continents. La structure complète a été établie pour le Paléarctique, l'Amérique du sud et l'Afrique avec des développements de milieu-résolution accomplis pour les deux premiers domaines et seulement une partie pour le troisième. Le système a montré une bonne capacité à rester compatible avec de nombreux procédés locaux, nationaux ou internationaux, à permettre une extension franche vers des secteurs progressivement plus grands, incluant des parties de région polaires, tempérées, subtropicales et tropicales. Il semble être approprié lorsque le degré de résolution varie en fonction des besoins locaux et de la disponibilité des informations et permet une communication amicale avec les systèmes d'identification d'espèces basées sur les habitats ou sur des systèmes paramétriques de classification d'habitats.